Migration, blessure psychique et somatisation

Cette recherche, à l'image des gens que reçoit notre association et des
membres qui composent son équipe, est plurielle.
Plurielle dans les ancrages théoriques, les formations des psychologues
de Pluriels , plurielle quant aux plumes qui s'expriment dans le texte qui
suit, plurielle par la diversité des histoires recueillies lors des thérapies
effectuées par les uns les autres, et dont l'analyse a servi de base à cette
réflexion.
Le déroulement de la recherche, le fonctionnement en équipe lors de
cette activité, ont connu toutes les richesses et les difficultés d'un travail
en contexte pluriculturel : des discussions passionnantes, des affrontements
idéologiques, de longues périodes de stagnation, des instants de
grâce où nous touchions du doigt un accord dans la façon de penser et
de travailler... Le texte final en est aussi le reflet.
La problématique abordée : «traumatisme et somatisation dans un
contexte migratoire», a certainement contribué elle aussi, à nos difficultés.
Le fait qu'il n'est pas évident pour une équipe, relativement nombreuse
de praticiens, de se mettre dans une logique de recherche, activité
au long cours à maintenir en parallèle à une pratique au quotidien,
mouvante, souvent dans l'urgence ; le fait aussi que tous les psychologues
ont un mandat très partiel à Pluriels , ce qui implique un morcellement
conséquent de leur temps de travail. Ce qui nous a rassemblés, mis
à part l'engagement auprès des migrants qui constitue le fondement de
notre association, c'est l'intérêt pour la problématique né de nos préoccupations
cliniques, et le fort parti-pris de ne pas considérer la migration
comme forcément associée à la pathologie, avec tout le cortège de
représentations négatives qui lui est généralement associé, même dans
le contexte de souffrance psychique qui est le nôtre.