La lyre compagnonique

Comme je vous le disais, il y a vingt ans, je vous le répète
encore aujourd'hui : le compagnonage, cette sublime
et sainte institution, dont le but est tout fraternel et philanthropique,
devient souvent, par l'ignorance et l'abrutissement
de quelques-uns de ses membres, un brandon de
discorde et même de combats sanglants qui outragent les lois
les plus sacrées de la nature ; mais, il faut le dire, que déplorent
toujours la grande majorité des Compagnons qui sont
par dessus tout amis de la paix et de la concorde.
D'un autre côté, les antagonistes du compagnonage, dits
les Sociétaires de l'Union, s'efforcent, par leurs chansons
haineuses, à troubler l'harmonie et la paix qui commençaient
à régner depuis peu sur le tour de France ; un ouvrier
corroyeur de Lyon fait des chansons qu'il répand dans toutes
les cités ouvrières et où il dit que, pour le bien de l'union,
il faut faire disparaître de dessus la terre tous les compagnons
de Salomon, de maître Jacques et de Soubise.