La culture française à la dérive

Nous vivons, depuis une vingtaine d'années, une dégradation constante de tous les pans structurels de notre société. Il n'y a jamais eu, dans notre République, autant d'illettrés et d'analphabètes développant leur propre langage. Ce laminage culturel devient la norme, voire le référent.
Le monde de l'argent, qui n'a ni idéologie précise ni dignité affirmée, s'est engouffré joyeusement dans cet immense marché de l'inculture, les médias n'hésitant pas à s'en faire trop souvent les relais. Préconisant encore plus de simplification de notre langue, certains intellectuels ou enseignants abandonnent d'eux-mêmes le terrain qualitatif. Théâtre sans langage, réforme de l'orthographe de 1990, grandes théories réclamant la soumission de l'élite à la masse des médiocres, entreprises françaises exigeant dans leurs réunions qu'un anglais de cuisine se substitue au français correct, tout contribue vraiment à pousser notre culture dans les abysses de sa disparition.
Face à une culture à la dérive, un assortiment de langues de bois. Mais c'est de notre mémoire qu'il s'agit. Serons-nous les ultimes destructeurs des bâtisseurs dont nous sommes issus?