Impressions d'Europe : regards d'artiste

Ce soir, le Château donne réception. Les
femmes rivalisent de toilettes aux bras de
gentlemen élégants. Les cravates sont lumineuses,
les lunettes joyeuses, la dentelle des corsages
coquine et soyeuse. Les lustres lévitent,
suspendus, en apesanteur de cette heureuse
volupté, mais chuuuut ! Le concert exquis d'une
recette de printemps en Bohême va commencer...
Tout d'abord, en entrée, choisissez une auberge
de qualité, ni trop froide, ni trop chaude,
juste à point nommée. Buffet piano-guitare à
volonté. Accompagnez de quelques visites tempérées
et assaisonnez d'un filet de bonnes idées. En
plat de résistance, saisir des rues pavées. Sur
un lit de façades vert amande, rose saumon,
bleu lavande et gris perçant, les faire mijoter
à pas lent. Une louche d'obscurité gothique
rehaussée d'une cuillérée de lumière baroque,
un soupçon médiéval et une tendre larme de danger.
Incorporez une grande dose de fierté dans un
bouillon d'humilité.
De l'autre côté, faites revenir un oiseau sauvage
dans un tramway sans vous tromper. Accommodez
avec un émincé d' art content pour tout.
En dessert, à déguster à la petite cuillère de
nostalgie : une farandole de sourires, une
crème d'infortune avec un zeste de luxe sur un
chariot de decuji.
Servez une bouteille ensoleillée jetée à la
pluie, grand cru millésimé d'une giboulée
philarmonique bien orchestrée.
Enfin, n'oubliez pas de pleurer un peu, sourire
beaucoup, marcher passionnément et rire à la
folie... Dekuji ! Merci !
Impressions de prague
Vendredi 15 avril 2011