Passage de vies : pour une naissance libre

Sage-femme, quel beau métier ! Pourtant, celui-ci a bien
changé depuis ses origines. De savoir-faire reposant sur
l'expérience, l'art de la sage-femme s'est mué en pratique
soumise à la science obstétricale et à ses techniques interventionnistes.
Pour le meilleur comme pour le pire. Dans ce livre,
Joëlle Terrien nous invite à explorer l'Histoire mais aussi le présent,
pour tenter de comprendre le processus d'hyper-médicalisation
de la naissance. Mais si elle dénonce la «pathologisation»
d'une compétence féminine fondamentale, Joëlle n'en renonce
pas pour autant à la rigueur scientifique. A l'investigation historique
et à l'analyse sociologique vient alors s'ajouter une
réflexion sur la physiologie de la naissance, qui considère le
corps vivant et en mouvement libre. La genèse du placenta,
l'hémodilution et l'anémie, le diabète gestationnel et le «gros
bébé», la césarienne, la douleur, sont autant de thèmes démystifiés
car abordés selon un point de vue qui considère la grossesse
et l'enfantement comme normaux, c'est-à-dire ayant leurs
propres normes. Car le corps de la femme, qui est un «corps
propre» et pas un «corps médical», a besoin de liberté de mouvement
pour remplir au mieux son rôle de «passeur de vies».
Alors, dans un troisième registre littéraire, celui de la conteuse
et de la poétesse, Joëlle nous invite dans l'intimité des femmes
qu'elle a accompagnées, en nous livrant des récits de naissance
sublimes et émouvants. Des naissances «naturelles» ou physiologiques,
des naissances libres ou autonomes, des naissances
sauvages ou animales. Des naissances heureuses, le lieu important
peu, au fond. C'est cette vision de la naissance respectée dans
son processus que cultive et transmet Joëlle Terrien. Son livre
est une invitation à changer de point de vue sur le «passage de
vies» que sont le corps de la femme et la mise au monde.