Avignon ou Le public participant : une sociologie du spectateur réinventé

Avignon ou Le public participant : une sociologie du spectateur réinventé

Avignon ou Le public participant : une sociologie du spectateur réinventé
Éditeur: l'Entretemps
2008288 pagesISBN 9782912877949
Format: BrochéLangue : Français

Jamais l'on n'avait consacré quinze ans d'enquête, quinze ans à un seul

et même terrain d'observation pratiqué et porté par trois générations de

sociologues autour d'une volonté commune de comprendre ce que sont

les «publics du Festival d'Avignon». Nombre d'artistes - metteurs en

scène, comédiens ou techniciens - décrivent leur passage par «Avignon»

comme une expérience relevant presque d'un rituel professionnel. Nous

découvrirons ici qu'il en est de même côté «public»... Faire le Festival

d'Avignon relève d'une expérience singulière, idéale et idéalisée dans une

carrière de spectateur. Et pour cause, le projet du Festival d'Avignon s'est

bâti en affichant une volonté originale dans la manière de «fabriquer» son

public. Cette part du contrat pensée en direction du «public» constitue,

en effet, un des moteurs de la forme festivalière à l'oeuvre. Si l'idéologie qui

baignait le développement de la culture d'après-guerre l'espère «populaire»,

le public, lui, n'a eu de cesse de se réinventer au gré des métamorphoses

du Festival. L'objectif de départ d'Avignon, revendiqué comme tel par

l'équipe Vilar, fut d'attirer dans l'ancienne cité des Papes des spectateurs

écartés jusque-là du théâtre, auxquels il s'agissait de rendre le goût du

spectacle vivant et de donner des motifs de curiosité pour l'art dramatique.

«Un art collectif comme celui du théâtre ne peut témoigner valablement

dans l'unique Paris», déclare Vilar. Il faut à cette fin être en mesure de

«réunir, dans les travées de la communion dramatique, le petit boutiquier

et le haut magistrat, l'ouvrier et l'agent de change, le facteur des pauvres

et le professeur agrégé». C'est ainsi que s'élabore la légende d'Avignon et

de son public. En s'évadant des théâtres clos, le théâtre du Festival s'impose

comme un fait exemplaire et symbolique de décentralisation culturelle.

Construit dans la longue durée, le public d'Avignon est entré dans le

XXI<sup>e</sup> siècle, doté aujourd'hui d'une expertise sans précédent, qui fait de

lui, ce public dont Vilar avait rêvé et avec lequel Archambault et Baudriller

travaillent désormais : le public participant.

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