Gustave Cunéo d'Ornano, 1845-1906 : le dernier bonapartiste charentais

Député de Charente de 1870 à 1906, bonapartiste dans une
France républicaine, Gustave Cuneo d'Ornano est injustement
oublié. Il est pourtant un personnage étonnant, passant des salles
de presse aux couloirs de la Chambre des députés, des théâtres
parisiens aux frairies charentaises. Sa vie trépidante, sa personnalité
combative, ses dons exceptionnels d'orateur et de journaliste,
l'attachement qu'il suscite chez les petites gens de la campagne
charentaise méritent qu'on s'y intéresse.
Étranger venu de loin, il a été pendant trente ans le député de la
Grande Champagne de Cognac. Mais, pas un député comme les
autres. Bonapartiste après l'effondrement de l'Empire, sans cesse
dans l'opposition et donc mal placé pour dispenser les « faveurs
de la République », moqué par les élites économiques et sociales,
intellectuel au milieu des agriculteurs et des commerçants, conservateur quand tout bouge dans la société et les moeurs politiques, repoussé par ses pairs et condamné par les tribunaux, Gustave Cuneo d'Ornano a tout de même été élu dix fois de suite par les électeurs de l'arrondissement de Cognac...
En se fondant sur des sources inédites, Jean-Louis Berthet
restitue avec humanité la vie de ce démocrate exemplaire qui fut
pourtant un opposant déterminé de la République parlementaire.
Ce récit captivant et émouvant retrace aussi la naissance de la
Troisième République et les progrès de la Belle Époque dans une
France restée largement paysanne. La vie de Cuneo d'Ornano,
c'est toute une époque. Et comme toutes les vies, elle a ses victoires
et ses défaites, parfois glorieuses, pas toujours honorables, ses
mystères et ses secrets...
« Des huit circonscriptions électorales de Charente et Charente-
Inférieure au début des années 1900, toutes sont républicaines. Toutes,
sauf une, celle de Cognac, marquée réactionnaire. Alors que la
République se renforce, le député Cuneo d'Ornano fait figure de dernier
bonapartiste. Avec son talent habituel de biographe, Jean-Louis Berthet
dresse un portrait saisissant de l'homme et de son temps. »
(Comité de lecture du Croît vif)