François Mitterrand ou Le triomphe de la contradiction

Incarnation du «peuple de gauche», pour les
uns, réincarnation du Prince de Machiavel,
pour les autres, François Mitterrand marque
l'histoire de deux Républiques. Onze fois
ministre sous la Quatrième, chef de l'opposition
puis chef de l'État sous la Cinquième, pareille
carrière ne se conduit pas sans «virages» et un
certain génie de la contradiction.
Décoré de la francisque par le gouvernement
de Vichy, le voici ministre à la Libération.
Adversaire acharné de la constitution de 1958 (ce
«coup d'État permanent»), il s'en accommode
parfaitement, une fois président, et prouve qu'elle
permet toutes les alternances. Élu sur un programme
de nationalisations à outrance, il soumet
pourtant la France et ses amis aux principes de
l'économie libérale.
Alors, retournements au service d'une ambition
immense ou adaptation réaliste aux circonstances ?
Chacun jugera si François Mitterrand aura été
pour la France un grand politique, mais assurément
il aura été un fabuleux politicien !