Les frontières de l'Union européenne

Les frontières de l'Union européenne
La construction européenne avait pour objectif de faire disparaître les frontières entre les
États membres de façon à assurer la libre circulation des personnes et des marchandises et
au-delà de rapprocher les peuples, de faciliter une meilleure connaissance mutuelle et ainsi
d'assurer définitivement la paix sur le vieux continent.
Or, on constate aujourd'hui que les frontières existent toujours et que les États membres
cherchent souvent le moyen de les renforcer. L'Union européenne définit le marché intérieur
comme un « espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises,
des personnes, des services et des capitaux est assurée selon les dispositions des traités ». Elle
s'efforce de faire disparaître les contrôles notamment sur les personnes au franchissement des
frontières internes. Il en va de même pour les marchandises pour lesquelles les États membres
s'emploient à remettre en place des entraves insidieuses. Néanmoins, l'Union européenne
développe de nombreuses formes de collaboration (policière, interrégionale) destinées à lutter
contre les forces centrifuges.
Les frontières extérieures sont cruciales dans la problématique. Un contrôle effectif lors de leur
franchissement permet en effet la libre circulation des citoyens européens et des étrangers
en situation régulière. Les États membres sont responsables de la gestion des frontières
extérieures mais n'ont pas toujours les moyens humains ou financiers pour remplir cette
mission. Une agence de coopération existe, mais on reste loin de l'idée de gestion commune.
Au-delà des frontières au sens technique, se profile la question des limites de l'Europe.
L'Union européenne peut-elle être élargie continuellement faisant fi de l'identité européenne ?
L'identité européenne est porteuse de valeurs, de culture, de civilisation. C'est l'adhésion
à cet ensemble d'éléments qui justifie l'intégration dans le processus européen. L'Europe,
c'est aussi un projet politique et social commun. L'Union doit-elle accepter de se diversifier à
l'extrême, voire de perdre son identité pour accueillir de nouveaux membres ou tenir compte
de l'euroscepticisme ambiant ?