Histoire du Ruban bleu de l'Atlantique : Le Havre, Cherbourg, Saint-Nazaire...

Avec sa deuxième traversée, Christophe Colomb créait des lignes commerciales sur
l'Atlantique.
Au XIX<sup>e</sup> siècle des journaux britanniques inventèrent un Ruban bleu de l'Atlantique
et son synonyme le Lévrier de l'Atlantique pour couronner le navire le plus rapide entre
l'Europe et l'Amérique du Nord. Cette trouvaille cristallisa un engouement récent pour la
vitesse en mer et sur terre. Pour attribuer cette distinction, aucun jury, aucun trophée, ni
pour l'armateur, ni pour le capitaine. Un article dans la presse suffisait. Les compagnies
maritimes et, derrière elles, des pays se passionnèrent pour cette compétition
informelle. Des chefs d'État s'impliquèrent. L'empereur Guillaume Il acheta à prix d'or
des ingénieurs pour faire entrer l'Allemagne dans le club restreint des lauréats. La France
avec le Normandie et la Grande-Bretagne avec le Queen Mary se livrèrent un faux duel,
Entente Cordiale oblige, sans perdant, avec cinq titres au premier et quatre au second.
Les rivaux multiplièrent les prouesses technologiques. Les plus grands décorateurs et les
meilleurs cuisiniers furent appelés pour faire de ces paquebots une vitrine prestigieuse
de leur pays et pour proposer à une clientèle aisée une traversée de rêve.
En 1933, le trophée Hales fut créé par un Lord anglais. Cette volumineuse statue en
argent doré mettait en scène, dans un style allégorique, une Victoire ailée entourée de
Neptune et d'Amphitrite supportant un globe terrestre. Au sommet, s'affrontent deux
autres divinités, la Vitesse et la Force. Un long ruban bleu outremer, des navires évoquant
des caravelles et l'effigie en émail des derniers titulaires du trophée ornent le tout.
En 1952, lorsque la compagnie du United states réclama son dû, plus de trophée !
Avait-il disparu en 1942 dans l'incendie du Normandie ? La Cunard ne l'avait jamais
réclamé à la France pour signifier qu'elle préférait la sécurité à la vitesse. Il fallut une
équipe de détectives pour le retrouver dans le bureau d'un forgeron et le restituer aux
États-Unis.
En 1990, ceux-ci durent à contre coeur le transmettre à une petite
compagnie pour un paquebot d'un nouveau genre : un multicoque sans hélice,
un hydroglisseur.
Au-delà des anecdotes parfois tragiques c'est une grande partie de
l'histoire maritime qui est évoquée dans ce livre ouvert à tout public.