Parcourir et gérer la rue parisienne à l'époque contemporaine : pouvoirs, pratiques et représentations

Le «pavé de Paris» est le nom ancien du service de la voie
publique apparu pendant la période haussmannienne. Il est à lui seul
une histoire et une culture.
Le pavé de Paris a aussi sa légende. Et n'est-il pas lui-même une
légende, puisqu'il se fait bien rare désormais sur les chaussées de la
capitale ?!
Six mille et très diverses, les rues de Paris distillent toutefois des
sensations que l'on perçoit comme très «parisiennes». Même si les
rues de Paris ont été soumises à l'histoire, aux événements et à des
régimes administratifs successifs, elles témoignent d'une unité :
celle d'un espace public maîtrisé et à certains égards achevé. Ainsi,
essence même du tissu et de l'existence collective de la ville, ces
rues qui n'ont rien d'uniforme ont toujours connu une gestion et un
contrôle centralisés. Cette mise en administration tous azimuts de la
ville au ras du réseau et la gestion des conflits d'usages, auxquels la
rue est d'abord exposée, sont les objets de ce livre.
La rue constitue aussi une forme urbaine que, à Paris comme
ailleurs, la «modernité», de quelque chapelle qu'elle se soit
réclamée, a manqué de tuer. Les conditions de sa permanence et de
son éventuelle renaissance sont ici discutées et bien des détours,
parfois inattendus, sont nécessaires pour en appréhender la richesse.
Loin de n'être que simplement fonctionnel, le réseau viaire,
comme support et décor de l'activité de la ville, est également le
vecteur d'une culture, d'une sensibilité et d'une identité de l'espace
public.