Richard Millet : la langue du roman

Richard Millet : la langue du roman

Richard Millet : la langue du roman
2008180 pagesISBN 9782848320809
Format: BrochéLangue : Français

L'oeuvre de Richard Millet apparaît aujourd'hui à l'évidence comme l'une

des plus puissantes et des plus originales du paysage littéraire français

contemporain. Forte déjà d'une quarantaine de titres, construite avec méthode

et obstination depuis près de vingt-cinq ans ( L'Invention du corps de saint Marc

date de 1983), à l'écart de l'écume des jours d'une «modernité» littéraire souvent

aussi éphémère que sectaire, c'est aussi une oeuvre de polygraphe. À la vingtaine de

romans, récits et recueils de nouvelles déjà publiés, des Sept passions singulières en

1985 au roman-somme Ma Vie parmi les ombres en 2003, il faut en effet ajouter de

nombreux essais dont Le Sentiment de la langue , couronné par le Prix de l'essai de

l'Académie française en 1994. Le titre de cette série de variations sur le destin de la

langue française - qui sont autant de déclarations d'amour à son égard, aussi -, dit

assez la matière de toute l'oeuvre de Richard Millet : la langue, sujet et objet ultimes

de ses romans, cette « belle langue française » dans laquelle Thomas Lauve rêve de

se coucher et de dormir dans Lauve le pur (2000), l'un des romans les plus troublants

de Richard Millet...

C'est cette question que le colloque s'était donné le projet d'explorer : la langue

du roman qui s'y trouve mise en oeuvre - dans un roman qui est toujours chez Richard

Millet roman de la langue. Langue ici entendue non seulement dans sa dimension

proprement linguistique, philologique et stylistique (essentielle pour Richard Millet),

mais aussi dans son acception philosophique, esthétique, poétique, narratologique,

comme le narrateur de Ma Vie parmi les ombres en jette l'exigeant projet pour « ce

que tout roman devrait être : un lieu où surgit l'inattendu, un perpétuel défi à la forme

par le fond, et inversement, un mémorial de langue et de noms propres autant qu'une

descente aux souterrains de l'esprit ou une consolation aux hommes privés de Dieu.

Un roman, donc, c'est-à-dire une manière de gloire ».

Rassemblées sous la direction de Christian Morzewski, on trouvera ici les

contributions de critiques, traducteur, écrivains et artistes lecteurs de l'oeuvre de

Richard Millet, publiées dans leur intégralité et précédées d'un texte inédit, «Le ciel

à Arras», dont l'écrivain a tenu à laisser la trace, en auditeur attentif des travaux de

ce colloque, et en « auteur renvoyé à un statut de quasi personnage, dans l'abîme de

la parole ».

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