J'ai vécu pour un rêve : les derniers jours d'Olympe de Gouges

"Oui, ce sont des larmes qui cheminent au milieu des froides
rigoles d'eau de pluie, mes joues les reconnaissent à leur douceur
tiède, à leur façon de couler et de glisser, réconfortantes, le long
de mon cou, dans ma chemise, jusqu'au sternum. Je pleure.
Pourquoi ne devrais-je pas ?
Je suis une femme, Henri Sanson. Une femme qui a voulu être
quelqu'un. C'est à cause de la douceur de ce rêve que je pleure.
Et parce que j'aurais voulu mourir un jour de soleil, les bras
libres et mon petit chapeau bleu abaissé sur mon front."
Olympe de Gouges (1748-1793), auteure de la Déclaration des droits
de la femme et de la citoyenne , aura tenté de propager ses idéaux
avant d'être jetée en prison sous la Terreur, puis exécutée. C'est
ce personnage clé de la lutte pour l'égalité que Maria Rosa
Cutrufelli fait renaître en empruntant la forme du roman.
Une douzaine de narratrices, parmi lesquelles Olympe de Gouges
elle-même, se partagent le récit de ses derniers mois, fiction plus
vraie que nature. Elles apportent chacune leur vision des événements
et offrent un éclairage plein d'humanité sur son tragique destin.
Ainsi Maria Rosa Cutrufelli, passionnée de longue date par la vie
et les écrits d'Olympe, trace-t-elle peu à peu son portrait, sensuel,
vibrant, fourmillant de détails justes... Celui d'une héroïne dont
on ne peut qu'admirer la dignité et la détermination à ne point
plier l'échine sous le joug de principes contraires à son éthique.