Trois maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski

Trois maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski

Trois maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski
Éditeur: Gutenberg
2008208 pagesISBN 9782352360209
Format: BrochéLangue : Français

Ce volume réunit trois essais conçus d'abord séparément : le Balzac

a paru en 1908, le Dickens en 1910 ; entrepris en 1910, le Dostoïevski

est resté sur le métier jusqu'en 1919. Lorsqu'en 1920 Zweig publie

Trois maîtres , ce volume est déjà devenu dans ses projets le premier

élément d'une vaste architecture, Les Bâtisseurs du monde , ensemble

de triptyques consacrés à divers types de génies qui ont édifié le

monde de l'esprit.

«Seuls grands romanciers du XIX<sup>e</sup> siècle», les trois «Maîtres»

dressent face à la Création un nouveau cosmos régi par ses propres lois ;

et en même temps, comme dans un miroir magique, ils transforment

et enrichissent l'image que nous avons d'elle. En confrontant ces

géants, Zweig cherche à élucider les traits communs et les

caractéristiques individuelles de chacun tel qu'il se révèle dans ses

personnages, ceux-ci se trouvant en retour éclairés par la vie de leur

créateur.

Mais ce ne sont pas seulement des raisons «objectives» qui font que

Zweig les élit comme sujet d'étude ; avec eux, il entretient un

dialogue intime spécifique.

Avec Balzac, le face-à-face s'étendra sur plus de trente-cinq ans ;

l'ambition d'une «typologie de l'esprit humain» répond au même

objectif de totalisation cohérente que l' «encyclopédie» balzacienne.

L'univers de Dickens semble représenter pour le jeune Zweig le

comble de l'exotisme, mais son étrangeté n'a rien qui puisse susciter

l'enthousiasme, elle exclut toute exaltation du pathos : ce que le

romancier peut faire de mieux, c'est rendre «intéressant et presque

digne d'amour ce monde antipathique du rassasiement et de

l'embonpoint».

À l'autre bout du continent, dans une Russie où les bouleversements

de la modernité se heurtent à la démesure des «forces élémentaires

et éternelles», s'est dressé un type de génie diamétralement opposé

à celui de Dickens : Dostoïevski, comme une part de Zweig lui-même,

«n'aspire qu'à l'intensité».

Analyste fin et passionné, Zweig se montre dans ces Trois maîtres

tout à la fois conteur et critique hors pair.

Serge Niémetz

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)