Lumières de l'an mil en Orléanais : autour du millénaire d'Abbon de Fleury : exposition, Orléans, Musée des beaux-arts, 16 avril-11 juillet 2004

La France de l'an mil est encore peu peuplée, la royauté est affaiblie et les hommes les plus
cultivés s'abritent dans les monastères. Pourtant, s'appuyant sur ce que les historiens ont
appelé la Renaissance carolingienne, profitant d'une période climatique plus favorable et
d'une ouverture sur le monde qui s'élargit, l'homme du XI<sup>e</sup> siècle vit une ère de mutation
et de progrès fondamentaux.
Autour du millénaire d'Abbon de Fleury , l'exposition organisée au musée des Beaux-Arts
d'Orléans et le catalogue, qui la complète, visent à éclairer cette période méconnue. Rendre
à l'Orléanais une part de son histoire et plus largement montrer que dans ces périodes dites
sombres, la valeur et la force de quelques-uns entretiennent une flamme qui permet
d'avancer. De l'an 800, où l'exigence intellectuelle et le grand sens administratif et politique
de Théodulfe, évêque d'Orléans et abbé de Fleury préfigurent une vision du royaume où
dominent l'intérêt public et le service de Dieu, à la fin du règne de Louis VI le Gros (1137),
date à laquelle nous bornons ce travail, le coeur du nouveau royaume capétien a été le
territoire où une bonne partie de cette réflexion politique a été mûrie, où un art
architectural nouveau a précocement germé, où la pensée logique et scientifique a préparé
l'éclosion intellectuelle du XII<sup>e</sup> siècle. Bien que les textes contemporains soient rares, que
les témoignages matériels sortent à peine du sol et que leur étude soit encore pour une bonne
part à mener, les chapitres de ce catalogue rédigés par les meilleurs spécialistes le démontrent.