Rousseau juge de Jean-Jacques : dialogues

Les trois dialogues qui composent Rousseau juge de Jean-Jacques
se situent à l'extrême de ce qui pouvait passer pour de la littérature
au XVIII<sup>e</sup> siècle, texte surprenant pour les défenseurs comme pour les
adversaires de Rousseau. Dans une mise en scène pour le moins
originale, et comme l'indique le titre, Jean-Jacques se fait juger par
«Rousseau» en dialogue avec «le Français.» Vivant relativement
isolé (et surveillé) à Paris après son exil, Rousseau les écrit entre 1772
et 1776 sous la forme d'un procès imaginaire intenté contre lui-même
et dont il sortirait acquitté, sa réputation désormais sauvée aux
yeux de la postérité. Si ses Confessions ont scandalisé (on n'en
connaissait alors que la première moitié), ces dialogues apparaissaient
comme le dernier cri d'un condamné, sinon comme une
preuve certaine de sa folie. Rousseau résolut enfin de confier à Dieu
lui-même ce texte extraordinaire en le déposant sur le maître-autel
de Notre Dame de Paris...