Noir charbon

Le Coroco est un petit pays dans lequel
les relations humaines sont fondées sur une
hiérarchie liée à la pigmentation de la peau.
Quand Charles Vouvou, un Africain, noir
de peau, est affecté au Coroco pour y travailler,
il est surpris par la stupidité du racisme
entre gens de même couleur. « Il arrive très
souvent dans les familles corocos, qu'un métis ayant
épousé une femme noire lui intime l'ordre d'aller se
cacher dans la chambre lorsqu'il reçoit des visiteurs.
Aussi, voit-on d'autres métis, parents d'enfants
noirs, s'empresser de les vendre au premier touriste
venu en quête d'enfants adoptifs. »
L'amour, naguère impossible entre
Belinda, jeune dame coroco et Charles
Vouvou est au coeur de ce message post-mortem.
Dans ses échanges avec Charles Vouvou,
Belinda explique qu'en pays coroco, Noir-charbon
est assimilable au Nègre d'Afrique
ou à la pustule de porc. Un compatriote de
Belinda fait son méa-culpa : « Ce qui nous fait
du tort, à nous corocos, c'est le fait de trop nous
replier sur nous-mêmes dans un monde en plein envol
technologique, scientifique, où les cultures s'interpénètrent,
où l'alliage, concept jadis réservé à la métallurgie
peut aujourd'hui s'appliquer aux races. » Ce
constat de l'injustice épidermique va raffermir
le couple Belinda-Vouvou qui placera au
centre de ses préoccupations la lutte contre
les préjugés : « ... les races sont génétiquement
inexistantes, car il est établi que le génome humain
varie plus à l'intérieur d'une même race, que d'une
race à l'autre. Un tel argument scientifique aurait
l'avantage de neutraliser le complexe de supériorité
qu'affichent certaines sociétés humaines par rapport
à d'autres. »