Savoirs, n° 16. Quels dialogues entre chercheurs et consultants ?

Voici une livraison relativement originale de la revue Savoirs : le sujet du
dossier est plus incertain, plus polémique aussi que la plupart des thèmes que nous
avons traités. La relation entre praticiens et chercheurs n'est pas un thème nouveau
en soi mais sa définition comme objet scientifique reste un problème. Xavier Baron
a accepté de faire le tour d'un champ mal défini, protéiforme et instable. De quels
chercheurs parlons-nous ? De quelles sciences aussi ? Et qui sont ces praticiens qui
prétendent dialoguer avec la recherche ? Des questions de territoire, de méthodes
mais aussi d'identités montrent que ce fameux dialogue auquel tous disent aspirer
pose des questions épistémologiques redoutables pour autant que l'on veuille bien
avancer dans une réflexion sur les pratiques des uns et des autres. Cette note de
synthèse nous aidera à circonscrire la discussion mais aussi à lancer le débat. Preuve
en est donnée d'ores et déjà par les rebonds de Philippe Carré, Jean-Pierre Bouchez
et Pierre Caspar qui ne craignent pas de réagir et proposer des approches
complémentaires du sujet.
Deux articles de recherche sont proposés ici. Le premier, dont le thème
correspond bien au dossier, est signé par Corinne Merini et Pascale Ponté. Il s'agit
en effet de s'interroger sur les pratiques de recherche-intervention. Après avoir situé
l'émergence de la notion de recherche-intervention à partir d'une analyse socio-historique,
les auteures cherchent à clarifier les relations de coopération qui
s'instaurent entre recherche, formation et intervention.
L'article d'Annie Jézégou concerne les formations ouvertes et l'autodirection de
l'apprenant. Il fonde tout d'abord la définition selon laquelle une formation est
ouverte si elle ouvre des libertés de choix à l'apprenant, au regard des différentes
composantes du dispositif pédagogique. En s'appuyant sur les résultats d'une étude
empirique, l'auteure montre que la perception des apprenants au regard de
l'ouverture joue ici un rôle médiateur dans l'influence du dispositif sur leurs
comportements autorégulés.