Le Guignol des Buttes-Chaumont

«Je n'ai pas parlé des conflits familiaux et même
professionnels : la presse people est là pour le faire et on ne
va pas lui retirer le pain de la bouche.» Le ton est donné :
ce livre n'est pas une autobiographie mais un tango ;
une danse hésitation sur les chemins de l'existence et
de la nature humaine. Tendre misère de son Belleville
natal, classes turbulentes, Légion étrangère et, dans les
rues d'Alger, souvenir indélébile des djellabas rouges
de sang, «je joue pour oublier»... Mais il chante,
aussi. Voix de charme, saxo nostalgique, «jazz band
toujours», rencontres fabuleuses. Comme au cinéma :
ce qui l'intéresse, ce sont les instants magiques partagés
avec les plus grands, et toutes les superbes actrices qui
l'ont dorloté comme un enfant perdu... Un faux modeste,
Marchand, un faux malingre, qui a fait des courses
automobiles, de la moto, du cheval avec tant de frénésie
qu'il en est tout «dislocado», sans compter le polo qui
lui a valu une période de dandysme hilarant. Mais il n'est
dupe de rien. Tout au long des pages, il y a cette voix off,
un peu comme dans Nestor Burma quand le détective
commente ses heurs et malheurs, qui nous offre son
lot de réflexions douces-amères mais d'une tendresse
fracassante sur notre parcours terrestre, ses aléas et ses
émerveillements.