Baptiste

Depuis la mort de sa femme Rosine, Baptiste vit seul.
Jusqu'au jour où une petite fille apparaît dans sa vie. A
neuf ans, Julie, tout récemment délivrée d'une mère
folle, passe elle-même pour anormale, se refusant à communiquer
avec autrui, à lire, écrire ou même parler.
Seul le nonagénaire Baptiste saura peu à peu, prudemment,
apprivoiser ce petit animal trop tôt meurtri par
l'existence et le métamorphoser en une fillette éclatante
de vie, d'intelligence et de sensibilité. Désormais, il n'a
pas honte de vieillir : «Dans une semaine ou demain,
quand je ne serai plus là, elle vivra. Il me suffit de le
savoir. L'autre monde, pour moi, c'est elle.»
L'élégante sobriété de son style permet à Pierre Moustiers
de nous raconter l'extraordinaire histoire de ce
double apprentissage de la tendresse et du lien unique
qu'il va créer entre le vieillard et la fillette, les ramenant
à la vie l'un et l'autre, et l'un pour l'autre.
L'auteur reconnaît qu'il n'aurait jamais écrit ce roman,
dont l'aventure appartient à tous les temps, s'il n'avait un
jour rencontré cette pensée de Georges Bernanos qui l'a
impressionné : «L'optimisme est une fausse espérance
à l'usage des lâches et des imbéciles. L'espérance est une
vertu, une détermination héroïque de l'âme. La plus
haute forme de l'espérance est le désespoir surmonté.»