De part et d'autre des Alpes, les châtelains des princes à la fin du Moyen Age : table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001

Parmi les agents du prince, les châtelains n'ont guère retenu
l'attention de l'historiographie. Le présent volume, qui
rassemble les textes des communications présentées lors de
la table ronde franco-italienne de Chambéry d'octobre 2001,
entend combler une lacune en mettant en avant une figure
d'officiers dont le rôle a été essentiel dans l'histoire de la
construction des administrations d'État, de la territorialisation
du pouvoir princier et de la constitution des sociétés
politiques régionales à la fin du Moyen Âge. La comparaison
entre principautés françaises et villes-États d'Italie du Nord
permet de faire ressortir parmi les châtelains une grande
variété de profils, qui ne répond pas seulement à des logiques
géographiques. Initialement homme de guerre puisqu'il était
attaché à un château, le châtelain a souvent revêtu d'autres
visages, de l'administrateur au juge, du receveur à l'enquêteur. Si la vocation
militaire a favorisé un recrutement nobiliaire, seigneurial et rural, la fonction
n'a pas été l'apanage de la seule noblesse. Parce que la charge de châtelain a
parfois été concédée à des créanciers du prince, les élites urbaines ne l'ont
pas négligée. Pour le prince, l'office de châtelain a souvent été pensé comme
un instrument politique de fidélisation des élites régionales. Plus largement,
à travers les différents exemples qu'il étudie, ce livre se veut une réflexion sur
les relations entre pratique de l'office, service administratif et pouvoir princier
au Moyen Âge tardif.