Alexandre Soljenitsyne : sept vies en un siècle

Cette biographie a un parti pris : s'appuyant sur un corpus de plus
de 15 000 pages, depuis Une journée d'Ivan Denissovitch, L'Archipel
du Goulag jusqu'à La Roue rouge , elle laisse l'écrivain évoquer lui-même
les étapes d'une vie qui couvre tout le siècle passé.
Sept vies au total. Ce fut tout d'abord sa jeunesse dans la Russie
stalinienne, avec déjà la passion de l'écriture, puis la terrible guerre
contre les Allemands. Vint ensuite le Goulag, dont il fut huit ans
le prisonnier, puis le conteur et le grand mémorialiste. Il devait
connaître la terrible vie de l'écrivain clandestin et du cancéreux
échappant de justesse à la mort - puis celle de l'écrivain porté aux
nues par les autorités avant d'être obligé de mener dans la dissidence,
souvent aux côtés de Sakharov, un combat dangereux et
épuisant pendant onze années. Vint ensuite l'exil en Occident où
il conforta, envers et contre tout, sa vision de l'homme, du monde
et de l'histoire. En parallèle, il continuait sa longue recherche sur
les causes des malheurs de sa patrie, notamment avec La Roue rouge.
Ce fut enfin, comme il l'avait prévu, le retour au pays, rendu possible
grâce aux bouleversements planétaires auxquels il avait contribué.
Puis la mort sur cette terre russe qu'il aimait tant...
Cette biographie se veut aussi une "histoire française", car plus
que partout ailleurs les écrits de Soljenitsyne ont contribué ici à la
faillite de l'idéologie communiste. Olivier Rolin résume très bien
cette particularité : "Pour moi, le «Goulag» est une des grandes
bornes tragiques du XX<sup>e</sup> siècle. Même si je suis français, c'est mon
histoire..."
A quoi on ajoutera cette réponse de Bernard Pivot, questionné
sur l'invité d' Apostrophés qui l'avait le plus impressionné : "Soljenitsyne
- j'ai le souvenir d'un géant."
Un Victor Hugo qui aurait connu le bagne !