Pierrot lunaire. Les dernières fêtes. Pierrot narcisse

Albert Giraud - Pseudonyme de Marie Emile Albert
Kayenbergh (Louvain 1860 - Bruxelles 1929) - réunit
en 1898, sous le titre Héros et Pierrot , trois oeuvres
publiées antérieurement : Pierrot lunaire (1884),
Pierrot narcisse (1887), Les dernières fêtes (1891).
D'accès devenu plus que problématique, le Pierrot
lunaire jouit d'une paradoxale notoriété du fait de
l'oeuvre musicale de Schönberg, composée en 1912,
inspirée par les poèmes de ce recueil et portant le
même titre. Or, Schönberg a utilisé la traduction partielle,
et surtout fort infidèle de ces poèmes par l'écrivain
allemand Hartleben. Près de trente ans auparavant,
Giraud ne pouvait guère pressentir l'étonnant
destin de sa composition. Seule l'intéressait la théorie
de l'Art pour l'Art, faisant de l'esthétique poétique un
outil rigoureux. Son petit volume s'inspire du cadre de
la commedia dell'arte et baigne dans une nostalgie
proche des Fêtes galantes de Verlaine.
L'on est tenté de dissocier ce Pierrot lunaire , oeuvre de
jeunesse savoureuse d'insolence et de verve, des
oeuvres qui l'ont suivi, au ton plus grave.
L'écrivain se confine à partir de Pierrot narcisse , dont
la solitude est l'argument essentiel, dans un système
narcissique, empreint d'une ironie douloureuse.
L'influence parnassienne est révélée en outre par Les
dernières fêtes , pièces qui annoncent leur auteur
comme un parfait disciple de Banville et de Leconte
de Lisle.