Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent : tragi-comédie familiale

Trois soeurs, trois parcours de vie que les hasards des rencontres et des choix personnels ont fini par séparer.
Elles se retrouvent pourtant au chevet d'une maman qui se perd dans un monde sans repères, tandis que l'ombre d'un frère, messager et poète mort à 20 ans, passe incidemment, juste pour voir. Sans parler de l'omniprésence déroutante d'une urne en forme de ballon de rugby contenant, selon ses dernières volontés, les cendres du père récemment décédé.
Ce « drame burlesque familial », dont le titre est inspiré d'un poème de Maïakovski, évoque la maladie d'Alzheimer, la mort, la difficulté de trouver ses marques et d'obtenir une certaine reconnaissance... Et pourtant on rit. Car si « l'humour est la politesse du désespoir », le rire est sans doute une des armes les plus efficaces pour lutter contre les affres de la maladie, de la précarité et des tracas de tous ordres.
Bérénice : Je n'aurais pas supporté qu'on m'enlève mes bébés à la naissance. Qu'est-ce que j'ai aimé élever mes enfants. La maternité, c'est génial. L'instinct maternel, c'est quelque chose d'extraordinaire.
Ophélie : Ça n'existe pas, l'instinct maternel.
Denise : Et voilà le travail !
Bérénice : Tu ne vas pas recommencer.
Ophélie : C'est de la propagande pour faire croire aux femmes qu'elles sont indispensables à leurs enfants et les assujettir encore plus en les attachant pour de bon à leur foyer.
Bérénice : Oh écoute, arrête !
Ophélie : Je n'ai pas eu du tout d'instinct maternel. Je n'ai pas honte de le dire. Je ne savais pas quoi faire avec ça au début.
Bérénice : « Avec ça ! »
Ophélie : Je suis convaincue qu'on ne naît pas mère, on le devient. Et je suis sûre qu'il y a plein de femmes qui pensent comme moi mais qu'elles n'osent pas le dire, quand elles osent déjà le penser.
Bérénice : Tu es si radicale.
Ophélie : J'ai appris à aimer mes enfants avec le temps. J'ai appris à les regarder, à les toucher, à les connaître, à aimer leur odeur. Et je continue. Je suis à côté d'eux, comme je peux. Parfaitement imparfaite.
Bérénice : Tu penses trop.