Le gendarme des barrières

«Alors, marcher ! Marcher pour le simple
bonheur de marcher. Regarder ce qu'on ne
regarde pas. Inventorier la ville pour mieux
l'habiter, la faire sienne en son coeur et s'en
vouloir le propriétaire secret et amusé, ravi
ou consterné. Bien tracer sa route, tenir son
itinéraire, respecter le balisage, allonger la
jambe, filer droit. Et puis, raccourcir ses
enjambées, traîner la semelle, bifurquer, se
dérouter, revenir sur ses pas, se vouloir perdu
dans un quartier trop connu. Marcher pour
marcher, les yeux parfois fixés sur une route
intérieure. Marcher pour se sentir vivace et
vivant.»
Présenté dans une nouvelle édition, «revue
et augmentée», Le Gendarme des barrières -
du nom d'un plat de guinguette qui joue ici
un rôle comparable à celui de la madeleine
chez Proust - est d'abord une invitation à la
promenade dans les rues pittoresques du 13<sup>e</sup>
arrondissement de Paris, mais aussi une
méditation poétique sur la ville, la mémoire et
le temps.