Villes, violence et dépendance sociale : les politiques de cohésion en Europe

Jusqu'à quel point la crise urbaine se présente-t-elle de la même manière
dans l'ensemble des nations européennes ? Trouve-t-on partout les mêmes
raisonnements théoriques à la base des politiques conçues pour y répondre ?
Ces politiques entraînent-elles une modification de la citoyenneté, des
comportements et des valeurs qui y sont associés ? Telles sont les questions
que nous avons voulu traiter au cours de ce séminaire réunissant des
chercheurs venus de six nations européennes : la Grande-Bretagne, les
Pays-Bas, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie et la Belgique. On s'étonnera sans
doute de ne pas y trouver la France. Il y va, en fait, d'une omission délibérée,
du désir de suspendre, pour un moment, notre réflexion passablement
autocentrée, pour y revenir mieux instruit des tendances qui affectent l'Europe
en général, à travers le redéploiement que connaissent les politiques urbaine,
sociale et de sécurité. Ces trois politiques concernent les secteurs associés
directement à ce que l'on appelle la question urbaine, laquelle désigne tout à
la fois la concentration de la pauvreté et des minorités ethniques, la difficulté
d'accès à l'emploi pour cette population et sa surexposition au crime, autant
comme victime que coupable présumée. Aussi, les équipes ont-elles été
constituées pour chaque pays de trois chercheurs spécialisés dans chacun de
ces trois domaines. Chacune réagit à des hypothèses générales concernant
les transformations qui affectent ces politiques depuis que la globalisation
a fait de la cohésion sociale le problème le plus névralgique des sociétés
occidentales.