Carmen : récit

J'invite Carmen au fond du lit et ce coeur de femme
éprise de sens et de liberté résonne encore avec le
mien. Je redécouvre ce qui m'avait émue la première
fois et me bouleverse encore plus aujourd'hui. La vie
est belle quand les femmes savent donner naissance
aux mots qui pansent / pensent leurs maux... Une
co-naissance qui les ramène à elles-mêmes, au coeur
de leur élan vital... (une lectrice).
Je viens de refermer le livre, il me reste comme
une nostalgie de quitter Carmen, son destin scellé par
ce définitif non à l'école, blessure qui restera jusqu'à la
fin pour ces livres non-lus, ces savoirs non-sus, ces
voyages non-faits... Parce que c'était une fille, parce
que c'était comme ça. Aurait-elle eu 8 enfants si elle
avait fait des études ? (un lecteur).
Les adultes disent qu'elle apprend la vie, comme si
la vie ça s'apprenait ; ça se prend, ça se fait avec ce
qu'on a, qu'on accommode comme on peut, ça se pétrit,
ça se croque, ça se digère, mais ça ne s'apprend pas ;
il n'y a pas de recette pour la réussir... (p. 44).