Les fous d'amour au Moyen Age : Orient-Occident : actes du colloque tenu en Sorbonne les 29, 30 et 31 mars 2001

Être fou d'amour, aimer jusqu'à la folie ! Cette expérience des
extrêmes engendre des oeuvres d'art. Parole poétique, parole
chantée, parole mise en scène..., l'amour, la folie d'amour ne
peuvent se dissocier du «chant».
L'Occident déteste perdre la tête, privilégie le libre arbitre, le
contrôle de soi par la raison. Le Fou d'amour qui se perd lui-même
au profit d'un autre n'est plus prisé car la valeur prédominante est
la stabilité du sujet qui garantit la stabilité de l'individu dans une
catégorie de comportements admis, propres à son rang.
Au Proche-Orient, la folie d'amour est l'occasion privilégiée
d'approcher l'Unicité divine. L'amour et la beauté sont les plus
formidables «éveilleurs» car ils poussent le petit moi hors de
lui-même. Même relégué au désert, le Fou d'amour est celui qui
court la plus haute aventure réservée à l'humain.
Entre ces deux attitudes de l'Occident et de l'Orient médiévaux,
se dessinent de nombreux ponts : les mystiques en sont le plus
lumineux.