La plainte à la Renaissance : journées d'études des 16 et 17 novembre 2005

Se plaint-on de la même façon à la Renaissance et au XX<sup>e</sup> siècle ?
Autrement dit : la plainte est-elle un objet historique ? Peut-on penser
ensemble la plainte qui déplore et celle qui accuse ? Réunis au Centre
d'Études Supérieures de la Renaissance à Tours en novembre 2005, des
historiens, des linguistes, des spécialistes des littératures européennes,
des historiens d'art et des musicologues ont interrogé l'historicité de la
plainte et, en la dissociant très clairement de ses raisons, ont tenté de la
comprendre comme un mode d'expression privilégié de la Renaissance :
si les siècles de la Renaissance ne sont pas seulement ceux de la plainte,
ils inaugurent cependant un travail singulier sur cette dernière : médiatisée
par de nouveaux supports (le livre et la partition imprimés, mais aussi
la correspondance), phagocytant des pratiques anciennes (le poème
épique, la chanson, le sonnet...), accompagnant de nouvelles expériences
(l'écriture du for privé, l'oraison funèbre, le psaume, le cahier de
doléance...), la plainte dessine les contours d'une Renaissance qui, face
aux émotions, oscille entre discipline et licence.