Paris, bivouac des révolutions : la Commune de 1871

«Quelle journée ! Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule
des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux,
le murmure de cette révolution qui passe, tranquille et belle
comme une rivière bleue... Ô grand Paris ! Patrie de l'honneur,
cité du salut, bivouac de la Révolution ! Quoi qu'il arrive,
dussions-nous être à nouveau vaincus et mourir demain, notre
génération est consolée. Nous sommes payés de vingt ans de
défaites et d'angoisses.» (Jules Vallès)
De mars à mai 1871, tous les horizons révolutionnaires du
XIX<sup>e</sup> siècle se conjuguent intensément à Paris, ville libre en guerre
contre Versailles. La Commune est une révolution unique et
utopique, complexe et balbutiante, dans une cité elle-même sans
égale, qui a subi les travaux d'Haussmann puis le siège prussien.
L'histoire de la Commune est restée longtemps un défi,
et des générations d'historiens échouèrent à déchiffrer
l'énigme de cette révolution dans laquelle Marx voyait un
«sphinx qui met l'entendement à rude épreuve».
Nullement intimidé, l'historien britannique Robert Tombs
interpelle le sphinx communard pour écrire l'histoire la
plus complète de cette insurrection souveraine.
Interrogeant des évidences qui cessent d'être si évidentes,
écoutant ce que les communards nous disent, s'interposant
avec une élégante distance critique entre les faits et leurs
interprétations successives, il livre ici une magistrale leçon
d'histoire, claire, érudite et stimulante.