Bernadotte et Désirée Clary : le Béarnais et la Marseillaise, souverains de Suède

Bernadotte et Désirée Clary
La vie est un songe. Le titre de la célèbre pièce de Calderon résume parfaitement le destin de Bernadotte et Désirée Clary. Au point que la reine de Suède s'éteindra, en 1860, pendant une représentation de l' oeuvre.
Tous deux appartiennent à cette génération qui a pu porter ses rêves d'ascension sociale jusqu'aux sommets du pouvoir, à la faveur de la Révolution, de l'Empire et de la guerre. Leur histoire commune s'écrit, pour lui, à la vitesse des campagnes militaires : général de brigade quatre ans après avoir été nommé adjudant, il rivalise avec Hoche, Jourdan et Marmont avant de devenir l'un des indispensables adjoints de Napoléon. Quant à elle, elle séduit Paris, à commencer par le Premier consul, avant de devenir les yeux et les oreilles de son mari à la Cour et dans les ministères.
Entrepreneurs de leur élévation commune, c'est lui qu'on couronne roi de Suède, mais c'est elle qui, pendant quarante ans, va incarner la paix et la stabilité dans une Europe monarchique exposée aux révolutions. Ni l'un ni l'autre n'avaient rêvé d'être souverains; mais ils surent forcer le destin et s'en montrer dignes.