Le signe zodiacal du scorpion : dans les traditions occidentales de l'Antiquité gréco-latine à la Renaissance

Est-il possible de considérer l'astrologie comme un langage exprimant des
observations objectives sur les caractères et les comportements humains
ou bien ne constitue-t-elle qu'un leurre collectif sans autre réalité que l'universelle,
inépuisable et infantile pulsion de soulager sa propre peine de
vivre, par le réconfort d'espoirs sans fondement ?
Pour répondre à cette question l'auteur a entrepris ses recherches à travers
le temps et la diversité des civilisations. En historien, d'une part, par le tri et
l'analyse méthodique d'une immense masse de témoignages et de matériaux
allant du II<sup>e</sup> siècle avec l'astronome-mathématicien Ptolémée jusqu'à
la Renaissance. D'autre part, sous l'influence des tentatives jungiennes
d'exploration des structures du psychisme collectif, il met en relief le
« savoir thérapeuthique » d'une science historique, l'astrologie, qui trouve
son sens propre dans son efficacité guérisseuse.
À partir du seul signe du Scorpion est abordée la corrélation entre les
coordonnées spatio-temporelles et les ressorts secrets de la nature et du
destin de chaque individu. Les constantes du Signe et la permanence d'un
noyau métahistorique témoignent d'une expérience endopsychique universelle.
Ainsi le langage astrologique a-t-il été, de tous temps, un support
privilégié de la prise de conscience par l'homme des forces qui l'habitent
et un moyen efficace d'accès à la connaissance de soi. La réalité du
Scorpion, traitée ici, est avant tout sa réalité psychologique dans toute sa
dualité.
«Le Soleil dans le Scorpion augmente les richesses héritées, confère au natif
l'audace, la hardiesse et la parole agréable, qui le rendra confiant et capable
de s'imposer à bien des gens ; et d'une main il offre le pain, et dans l'autre il
cache une pierre, en mêlant toujours le poison au miel, ne faisant presque
aucune des choses qu'il dit... D'autre part il les rend tous, de l'un et de l'autre
sexe, audacieux et téméraires, disposés à piller, et à fouiller dans les choses
qui sont défendues... Le Scorpion est en contact avec les puissances obscures,
qui sont maléfiques parce qu'elles sont repoussées par la bonne conscience.
Il est donc le signe des pervestigatores - magiciens, sorciers, alchimistes,
occultistes - en contact avec l'au-delà en son aspect diabolique...»