Des femmes prix Nobel : de Marie Curie à Aung San Suu Kyi, 1903-1991

Vingt-quatre porte-parole de l'espèce
humaine, vingt-quatre femmes, de tous
les pays et de tous les horizons, vingt-quatre
personnalités exceptionnelles de
ces cent cinquante dernières années :
de Selma Lagerlöf, née en Suède en
1858, et de Marie Skolodowska Curie,
née en Pologne en 1867, jusqu'à Aung
San Suu Kyi, née sous le ciel de l'Asie,
en Birmanie, en 1945, vingt-quatre
visages dont nous ne comprenons pas
pourquoi nous les connaissons si peu.
Ce qui est exaltant ici, c'est qu'on
s'intéresse enfin à ce que j'appellerai
«l'autre moitié» de l'humanité. Elle est
là. Elle a toujours été là. Plus de la moitié
de l'humanité est femme, aujourd'hui
comme hier. Mais cette humanité-là
n'est jamais sous les feux de la
rampe. On la dirait vouée aux coulisses
et à l'ombre. C'est du moins ainsi qu'elle
est perçue par les yeux des media qui
veulent voir à notre place.
Cette «autre moitié», - qui, depuis
quatre vingt dix ans, avec les lauréates
du Prix Nobel commence à poindre à
l'horizon -, se révèle, bien sûr, riche et
multiple tout autant que la moitié masculine.
Mais cette magnifique diversité
est d'une autre nature. Lorsque je vois
Barbara McClintock, cette grande scientifique
de la génétique s'émerveiller sur
«le mystère de la vie», j'entends résonner
en moi une musique qui est commune
à ces vingt-quatre êtres humains.
C'est une femme qui pense. Je crois
que si le monde accepte un jour de prêter
l'oreille à cette musique-là, il en
deviendra meilleur, et nous aussi.
Gidske Anderson