Des choses divines et de leur révélation

Des choses divines et de leur
révélation est le testament
philosophique de son auteur,
Friedrich Heinrich Jacobi.
La première évaluation
d'ensemble du postkantisme
et des grands systèmes
idéalistes qu'il y propose
détermine encore l'image
que nous pouvons nous faire de la philosophie classique
allemande. La querelle qu'elle a déclenchée et la réponse
outrancière que lui a apportée Schelling, blessé par la
critique du naturalisme que développe la deuxième partie
de l'ouvrage, en font le document le plus précieux dont nous
disposions pour interpréter les débats qui, durant les
premières décennies du XIX<sup>e</sup> siècle, ont mis aux prises la
philosophie de la religion et la théologie spéculative.
La discussion des rapports du réalisme et de l'idéalisme
religieux, de la révélation de la raison et de la doctrine
positive que Jacobi développe d'abord en réponse à Matthias
Claudius, puis lors d'un dialogue avec Friedrich Schlegel,
non seulement éclaire cette lecture de l'histoire de la philosophie
à l'heure de l'avènement du nihilisme, mais permet
aussi de comprendre ce que l'auteur entend par ce «vrai
rationalisme» qu'il oppose aux philosophes de son temps.
Elle donne ainsi à celui qui fut l'un des pères de l'idéalisme
allemand avant de devenir son critique le plus acerbe
l'occasion de préciser une dernière fois les rapports de la
raison et de l'entendement, question qu'avec Kant, il fut l'un
des premiers à poser à la pensée moderne.