Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien : des emplois et usages de la matière sonore dans ses oeuvres cinématographiques

Qualifier Jean-Luc Godard de cinéaste acousticien peut
surprendre, voire crisper, les tenants d'un cinéma visuel. C'est
affirmer la matière sonore comme moyen de style et d'esthétique
de son cinéma.
Étudiée oeuvre par oeuvre, cette matière sonore accomplit, avant
la matière iconique ou avec elle, les qualités artistiques, esthétiques,
politiques, historiques, voire philosophiques, de son cinéma.
Dès ses courts métrages, le cinéaste initie des figures et procédés
sonores qu'il reprendra pour en faire la part expressive et signifiante
de son travail. Combinaison de la voix humaine, de la musique,
des bruits et des écrits, la matière sonore, d'oeuvre en oeuvre, se
densifie et se complexifie. Le cinéaste réalise et emploie, à l'instar
des formes visuelles, des formes sonores, instruments d'expression
audiovisuelle. Il les utilise pour se faire comprendre, signifier,
idéaliser, montrer les idées, discourir, ouvrir à l'imaginaire.
La perception des oeuvres de Jean-Luc Godard n'est pas pour
l'audio-spectateur une expérience anodine, ordinaire, simple ni
aisée, mais exigeante et sans doute préfigurant une forme nouvelle
de cinématographie.
Cet ouvrage reprend largement la thèse d'État établie sous la
direction de M. Daniel Serceau et que Louis-Albert Serrut a soutenue
à Paris 1 - Panthéon-Sorbonne en 2010.