Johan Cruyff : génie pop et despote

«Je ne pense pas qu'un jour, les gens ne sauront pas de qui il est question
lorsqu'ils entendront le nom de Cruyff»... En 2015, Cruyff, c'est le
souvenir éternel d'un numéro 14 mythique, de ses fulgurances supersoniques
de stratège génial du Football Total, de son charisme
pop des glorieuses seventies, de son grand Ajax triple Champion
d'Europe, de sa Hollande 74...
Johan Cruyff côtoie Pelé et Maradona au sein de la glorieuse trinité
des plus grands footballeurs de l'Histoire, sans pourtant n'avoir jamais
gagné la Coupe du monde. Ses initiales «JC» rappellent celles de Jésus
Christ et de Jules César. Il incarne aussi les sixties et l'effronterie rebelle
de ses alter ego anglais, Rolling Stones et Beatles (il est resté fan des Fab
Four). Tel le Christ, Johan ressuscitera aussi plusieurs fois après sa mort
symbolique de footballeur en 1984. En devenant d'abord l'entraîneur de
génie de l'Ajax et de la Dream Team barcelonaise, puis le père spirituel
de Pep Guardiola, technicien remarquable du Barça de Messi.
Mais Cruyff, c'est aussi Johan I<sup>er</sup>, despote césarien imposant son imperium
écrasant. Dominateur, manipulateur, égocentrique, colérique, âpre au
gain, rancunier... Sa personnalité ultra conflictuelle et impitoyable aura
nourri pour le meilleur et pour le pire une carrière exceptionnelle, une
existence bigger than life. Et le vieux lion mord encore ! Mais Johan
Cruyff demeure un héros singulier de nostalgie foot, transcendée par
une grâce inaltérable : le style...