L'infini saturé : espaces publics, pouvoirs, artistes

Fort d'une (re)lecture de la genèse de l'artiste et de ses
productions, Michel Guet propose cette définition de
l'artiste comme étant «celui qui fait le pouvoir ostentatoire
sur l'espace public». De l'art pariétal à 1450, il étaye son
propos par une analyse très documentée de l'espace public
(s'opposant à l'espace privé), des représentations et des
pouvoirs qui lui sont intimement liés. Après 1450, à cet
espace public auparavant unique - celui du tangible, du
bâti -, se superposera un second espace public «virtuel» :
celui du livre. Mais avec l'avènement du livre et de la
gravure, l'artiste-peintre sera relégué dans un rôle mineur,
pour ne plus être absolument indispensable au pouvoir. Un
nouvel artiste le remplace alors, lequel trouvera sa pleine
dimension lorsque naîtra ce troisième espace public, issu de
l'enchaînement photo-cinéma-télévision et que matérialise
l'écran : l'«artiste-véritable» et publicitaire. Or cet espace
public - à trois niveaux - qui devrait demeurer Res Publica
est arraisonné par un pouvoir devenu unique : celui de
l'économie marchande... Alors commence pleinement l'ère
de l'Infini saturé...