Caramboles

«Il n'existe pas encore de nom pour désigner ce
point limite où le brimbalement le plus farfelu,
le plus absurde dandinement, devient soudain
de la danse. Mais je l'ai cherché dans ce livre, ce
point limite. J'ai assailli ma langue étrangère, le
français, j'y ai semé les l'on-lit et les qu'on-con ,
les maladresses, toutes les belles entorses
impossibles. Puis j'ai infiltré, sapé, envahi mon
autre langue étrangère, l'américain ; je n'ai craint
aucun solécisme, j'ai hérissé l'oreille de ma
matraque malapropiste, allègrement j'ai fait
clopiner la langue anglaise. J'ai tenté en somme
de raccorder la langue de travers , comme un lutin
de musée qui pencherait les cadres un peu de
côté, pour rire. Ça gêne l'oeil, l'amateur
s'indigne ; on mène la chasse aux injustesses ;
on veut rajuster.» A.D.