La rumeur au Moyen Age : du mépris à la manipulation (Ve-XVe siècle)

La rumeur au Moyen Age : du mépris à la manipulation (Ve-XVe siècle)

La rumeur au Moyen Age : du mépris à la manipulation (Ve-XVe siècle)
2011351 pagesISBN 9782753512856
Format: BrochéLangue : Français

Fausses nouvelles de la mort du roi, révélations de complots contre la

chrétienté, dénonciations des moeurs légères des reines et princesses,

accusations de crimes sexuels contre des ecclésiastiques, multiplications

de miracles autour de tombes, portraits flatteurs ou infamants de grands et de

petits que rien ne vérifie en dehors d'affirmations transmises à l'oral comme à

l'écrit, entre voisins, amis, courtisans, guerriers et hommes d'Église : la rumeur

est omniprésente au Moyen Âge. Elle n'épargne aucun pan de la société, aucun

groupe humain et elle est de tous les temps entre le V<sup>e</sup> et le XV<sup>e</sup> siècle.

Elle s'inscrit dans les sources textuelles de toute sorte, qui lui répondent, la

confortent, la relaient ou simplement la disent avec des mots bien spécifiques.

Pourtant, les médiévistes ont souvent considéré qu'ils ne pouvaient saisir dans

la documentation plus que le souvenir de la rumeur. Sujet à la mode, la rumeur

médiévale a principalement été étudiée, jusqu'ici, dans le cadre des rapports

entretenus entre le peuple et les autorités à la fin du Moyen Âge. Envisagée sur

le fond des grandes crises (guerres, révoltes), associée au défaut d'information

et à la sédition, jugée caractéristique et révélatrice de l'opinion des gens de peu

en rupture momentanée avec les gouvernants, la rumeur a rarement été abordée

comme un phénomène de communication entre égaux (chez les élites comme

chez les humbles), dans des usages socialement constructifs et révélateurs de

craintes, mais aussi de revendications, d'espoirs, d'imaginaires et de croyances.

C'est pour tenter de renouveler et de compléter cette approche historique, que

les auteurs du présent ouvrage ont croisé les résultats de recherches menées sur

le statut, la construction, les usages et la portée d'une rumeur qui n'est, au Moyen

Âge, caractéristique d'aucun groupe social, économique, politique ou d'opinion

spécifique. Le mépris affiché par les élites à son égard, lorsqu'elle émane des

petits et de leurs ennemis, ne suffit pas à faire oublier que la rumeur est avant

tout un moyen de fédérer.

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