Le théâtre français de l'âge classique. Vol. 1. Le premier XVIIe siècle

Après la Renaissance, tout, dans le théâtre de l'âge classique,
se renouvelle et s'épanouit à neuf.
Le présent volume s'attache au premier XVII<sup>e</sup> siècle, de 1610 à
la Fronde. De part et d'autre de la fracture de 1628-1630, deux
générations se succèdent et s'opposent. Dans la naissance d'un
théâtre moderne, le rôle de Richelieu est considérable ; rien ne
lui échappe : ancrage social, conditions de la représentation,
effort théorique, souci de dramaturgie.
Continuité des genres traditionnels, certes. Mais si la pastorale
entre en décadence, la comédie, la tragédie et la tragi-comédie
connaissent un fabuleux regain à partir de la même date de 1630.
Et quelle fastueuse pléiade de puissants génies dramatiques !
Hardy fait passer du statisme à un théâtre de l'action. Corneille
commence par inventer la comédie des honnêtes gens ; puis, de
Médée à la Fronde, il dessine son univers tragique avec déjà une
inflexion, de l'héroïsme flamboyant à des méditations plus
sombres. Pierre Du Ryer, assez proche de lui, mais en plus raide
dans la tragédie, donne de nombreuses tragi-comédies pathétiques.
Tristan l'Hermite se distingue de Corneille par son pessimisme
désespéré. Rotrou cultive tous les genres, créant un
monde de l'illusion et de l'ambiguïté, finalement surmontées.
Le premier XVII<sup>e</sup> siècle, qu'on dit baroque, illustre aussi, pour
le théâtre, un premier classicisme.