Documents diplomatiques français (1932-1939) : 2e série (1936-1939). Vol. 2. 1er avril-18 juillet 1936

C'est au cours de la période couverte par ce volume que se manifestent les
premières conséquences de la réoccupation par l'Allemagne de la zone démilitarisée
de Rhénanie et de la victoire italienne en Éthiopie.
Le 1<sup>er</sup> avril, Hitler, ayant éprouvé la carence des démocraties devant son coup
de force, prend l'initiative diplomatique en les saisissant d'un plan de paix
précédé d'une critique du rapprochement franco-soviétique. La France et
l'Angleterre réagissent, la première en acceptant le débat et en confirmant
son attachement au principe de la sécurité collective dans le cadre de la SDN,
la seconde en tentant - vainement - de se faire préciser certains points du
plan allemand.
La levée des sanctions contre l'Italie, après sa victoire en Éthiopie, consacre
l'échec politique de la SDN, et la France n'a pas plus de succès lorsqu'elle
tente de la ramener dans le camp locarnien.
L'optimisme de Bénès vis-à-vis de l'Autriche amène les autres membres de la
Petite Entente à confirmer leur attachement à la France, non sans s'inquiéter
de sa faiblesse. C'est alors que Hitler conclut avec l'Autriche, au nom de la
«solidarité germanique», l'inquiétant accord du 11 juillet. Dans le même
temps, la politique de la Pologne, prise entre l'URSS et l'Allemagne, pose
problème aux dirigeants des autres États locarniens, et le gouvernement turc
obtient, à la conférence de Montreux, la révision en sa faveur du statut des
Détroits.
Cette période s'achève sur la menace d'une rébellion militaire en Espagne :
les circonstances paraissent favorables à un coup de force contre le régime.
Pourtant, le 18 juillet, le gouvernement de Madrid annonce, par la voix de la
radio, qu'il tient la situation bien en main et que le pays est calme.