Edouard André : un homme, une famille, une collection

Édouard André (1833-1894), qui naît dans
une famille de banquiers protestants et hérite,
jeune, d'une fortune considérable, n'est
guère connu que par l'hôtel particulier
auquel sa veuve a donné leur nom : le musée
Jacquemart-André, dont on ignore d'ailleurs
généralement que son aménagement fut à la
pointe de la réflexion esthétique de l'époque,
avec la création de period-rooms associant
étroitement peintures, sculptures, mobilier
et objets d'art, et celle d'un «musée» privé
pour les oeuvres de la Renaissance italienne.
On ignore aussi qu'Édouard André fut bien plus que le dandy dont
Wintherhalter a brossé le portrait...
À travers ses livres de comptes (ses papiers privés sont perdus) et en
s'appuyant sur des archives familiales, Virginie Monnier, parente par
alliance du collectionneur, a découvert une tout autre figure : un député
soucieux de sa circonscription, le président combatif de l'Union centrale
des Arts décoratifs, le propriétaire désintéressé de la Gazette des
Beaux-Arts , l'un des fondateurs de l'École libre des Sciences politiques
et un philanthrope fidèle aux traditions des siens...