Ce qui s'est réellement passé à Camp David II

Si la visite d'Ariel Sharon, le 28 septembre 2000, à l'esplanade des Mosquées à Jérusalem a constitué une provocation délibérée et mis le feu aux poudres du soulèvement palestinien, c'est dans l'impasse des négociations de juillet 2000, à Camp David, qu'il faut chercher les causes politiques de ce soulèvement.
En effet, les deux semaines de négociations, entourées d'un black-out total - ainsi en avaient décidé les maitres d'œuvre américains - et qui devaient aboutir au règlement définitif d'un conflit centenaire, ont montré l'ampleur de l'impasse et du fossé séparant les positions des protagonistes quant aux dossiers fondamentaux du conflit : réfugiés, Jérusalem, colonies de peuplement, eau, frontières et sécurité.
L'importance de l'enjeu, le véritable travail d'intoxication mené par Israël et les Etats-Unis qui, pour masquer l'échec de neuf ans de négociations, affirmaient sans relâche que le «miracle» avait été manqué de justesse, l'embrasement de la société palestinienne, tout cela a ramené les opinions publiques aux clichés éculés de l'Orient compliqué et des «Palestiniens irrationnels et ingrats» face à la «générosité» de leurs occupants.
Poursuivant son travail d'explication et d'information, la Revue d'études palestiniennes verse une pièce capitale, et à ce jour unique, au dossier.
Ce qui s'est vraiment passé à Camp David d'Akram Haniyyé reprend les minutes de l'un des principaux négociateurs palestiniens à ces pourparlers, expose en détails le déroulement des échanges ainsi que les diverses propositions avancées par les parties et décrit l'atmosphère qui a prévalu pendant ces deux semaines de huis clos.
Document unique et essentiel dans la mesure où, plus qu'une simple pièce d'archive, il aide à comprendre et à apprécier les événements tragiques qui secouent la Palestine naissante, le texte d'Akram Haniyyé, non démenti par le Département d'Etat américain, a connu à ce jour une diffusion mondiale et suscité l'intérêt de l'ensemble des milieux politiques et diplomatiques américains, européens, israéliens et arabes.