La boulange : à trente kilomètres de chez nous nous étions des hors-venus...

La Boulange
Eugène Hervé, originaire de Plouëc-du-Trieux, et Suzanne Tanguy, originaire de Ploubazlanec, se sont mariés en 1923. En 1924, ils se sont installés à Saint-Quay Portrieux, après avoir acheté le fond de boulangerie de Portrieux. Leurs cinq enfants vont naître à la Boulange , et seront quinocéens.
Les conditions matérielles de vie, à l'époque, ne sont pas faciles. La boutique fait office de cuisine et de salle à manger, toute la famille partage une seule chambre. Eugène travaille la nuit, glanant quelques instants de sommeil sur les sacs de farine empilés dans le fournil, mais dans la journée, cultive aussi un champ de pommes de terre, élève des poules - voire une chèvre ou un cochon - et s'occupe des chevaux qui permettent d'effectuer les livraisons de pain. Suzanne, en plus du ménage, de la cuisine, de la boutique... a fort à faire pour dresser ses enfants et leur apprendre à se tenir, surtout les trois plus jeunes qui ont plus d'une malice dans leur besace ! Arrive la seconde guerre mondiale et des difficultés supplémentaires.
Mais quand les enfants Hervé ne sont pas à l'école ou au patronage, ils ont à leur disposition la plage, ou la campagne. Autour d'eux gravitent les figures sympathiques des employés de leurs parents, et parmi eux Madame Tartivel et Monsieur Le Mince . Il y a aussi les voisins et amis... Eugène est un homme moderne, il est, comme la plupart de ses voisins commerçants, parmi les premiers équipés du téléphone. Il a bientôt un appareil photo, une voiture. Suzanne, en plus d'être une ménagère émérite, est une cuisinière remarquable.
Tout cela concourt à ce que, entre 1925 et 1945, dates entre lesquelles cette histoire se situe, Delly, Rolland, Suzette et Gégé vivent une jeunesse libre et heureuse. « Très libre, et très heureuse ! », d'ailleurs, selon les mots mêmes de Gégé.