Les céramiques peintes préceltiques : la peinture sur vases aux âges des métaux dans l'ouest de la France

Depuis le Néolithique, les populations du
centre-ouest de la France et de ses marges se
sont distinguées par l'emploi de céramiques à
décor peint ou engobé. L'étude d'une centaine
de sites répartis entre la Loire et la Dordogne
a permis d'inventorier plus de 900 exemplaires de céramiques
peintes non tournées. Le corpus inclut des séries
provenant aussi bien d'habitats de hauteur, de grottes, que
de nécropoles tumulaires. Ces récipients ont bien
évidemment servi de contenants, mais également
de support à un message pictural, que celui-ci soit
symbolique ou strictement esthétique.
À la fin de l'âge du Bronze, des vases recouverts
d'aplats monochromes complètent le vaisselier
traditionnel. Des décors peints en bandeaux, chevrons,
cercles ou damiers, rehaussent des motifs complexes
réalisés par incision dans la pâte fraîche. Trois formes principales
font l'objet d'enductions : les jattes à bord subvertical,
les plats, et les vases à panse ovoïde et col évasé.
La couleur rouge vermillon est privilégiée par les artisans
potiers, mais le brun et le noir ne sont pas pour autant
délaissés. Les analyses pétrographiques attestent d'une provenance
locale des matières premières et de l'utilisation
d'oxydes de fer comme pigments.
Les premières céramiques à décor graphité
apparaissent, en Limousin et dans le Haut-Poitou,
à la phase moyenne du premier âge
du Fer. Ces récipients, ornés d'une peinture
grise métallescente déposée sur un engobe
noir brillant, possèdent un répertoire décoratif
basé sur la ligne droite (verticale, horizontale
ou oblique), la ligne brisée, ou les formes géométriques
simples (carrés, triangles...) ; les représentations figuratives
sont totalement rejetées. La fabrication et l'enduction de
ces vases nécessitent un savoir-faire technique particulier
et une cuisson parfaitement contrôlée. La
fin du premier âge du Fer et les débuts du second
marquent l'apogée des productions de céramiques
à décor graphité. Les formes se singularisent et
montrent des affinités avec le nord de l'Aquitaine,
le Limousin ou le Midi. Les analyses mettent en
évidence, par rapport à l'âge du Bronze, une plus grande
variété des pâtes céramiques.