Les Balkans : une géopolitique de la violence

Devant les dix années de violence extrême qui se sont déroulées dans
les Balkans, l'opinion occidentale manque de repères. D'une part,
elle souhaite vivement rester à l'écart d'événements dont elle comprend
mal le déroulement et la logique, mais en même temps, elle
constate que, dans le cadre de l'OTAN et de l'UE, des troupes venues
des diverses armées européennes sont engagées durablement dans le
conflit. Ensuite et de façon paradoxale, au moment où le scepticisme
monte vis-à-vis de l'UE, tous les États des Balkans se pressent à sa
porte. Enfin, et comme le montre l'actualité récente, cette histoire
n'est pas finie et les braises couvent sous la cendre.
L'auteur, après avoir analysé l'histoire récente - l'indépendance
du Kosovo en 2008 et la guerre des Balkans (1991-1999) - retrace
l'originalité historique des Balkans. Seule région de l'Europe où un
empire extérieur, non européen, a disputé aux nations européennes
une part du continent dans une période récente, c'est aussi la seule
région où les Européens n'étaient pas maîtres chez eux mais dépendaient
d'un centre extérieur, en l'occurrence Istanbul, capitale de
l'Empire Ottoman.
Cette histoire particulière en fait l'unique région d'Europe qui fut
partiellement islamisée, après avoir été partagée entre un christianisme
occidental et un christianisme oriental. L'auteur nous éclaire
également sur les nations balkaniques elles-mêmes, pour qui la
domination ottomane a été vécue comme illégitime et néfaste, la
Turquie ayant coupé l'Europe balkanique des contacts avec l'Ouest
alors que se développaient la Renaissance et les Lumières.