Cher auteur... de mes jours infortunés : vingt-quatre personnages se rebiffent

Holà ! Trop c'est trop, messieurs nos auteurs !
Trop de pépins, trop d'avanies, toujours à nous
persécuter, toujours prêts à nous estourbir. Et que
je te poignarde, te guillotine, t'empoisonne, te fusille,
et que tu meures d'amour trahi. À celui-ci la
chasteté à perpète, à celle-là les plus sales débauches.
Tous les deux, là-bas, au piquet sous cet arbre !
Toi tu seras sans toit, vagabond sur des béquilles,
ça te fera les pieds. Toi, ton pot au lait, tu vas voir,
toi ton camembert, gaffe à ton bec. Toi, petite,
privée de métro, et toi la vieille, une médaille en
chocolat pour cinquante ans de boulot, et toi la
belle, cent ans au dodo... Et toi, toi... Sauf que,
chers auteurs, c'en est fini de vous esbaudir à nos
dépens car nous avons pris la plume, et quand
vous lirez les lettres de vos créatures, vous n'y
reconnaîtrez plus vos petits tant nous nous serons,
nous les vingt-quatre, émancipé(e)s, et tant pis si ça
vous défrise, et tant mieux si ça décoiffe, olé !