Quatrevingt-treize, de Victor Hugo

93 ! Quelle année ! Quel coup de pied ! Quel pas ! Quel exemple ! Oui quel
exemple, car il y a de l'exemplarité là-dedans. Hugo nous parlait de devoir.
Du devoir de raconter, transmettre, du devoir de faire en sorte de ne jamais
oublier. Devoir de savoir. De conscience. Laisser en chacun, dans sa mémoire,
dans son corps, dans son coeur cette «montagne» comme il aimait l'appeler,
ce 93 monumental, ce colosse, cette année mono-humaine. Lui, c'est une
vie entière qu'il passa à la ressasser, la mastiquer, la ruminer, la réfléchir,
la penser.
La transmettre, au théâtre, par le théâtre, Hugo le désirait. Le souhaitait de tout
coeur. Voix pour oreille, chair pour yeux, raison pour sentiments et sentiments
pour raison, des dizaines de personnages pour nous prendre la tête, le coeur, la
peau, les poils et nous rappeler la naissance de notre fragile liberté, de notre
fragile égalité et de notre fragile fraternité.