Le coeur éternel de la voie : l'enseignement de la voie baul occidentale. Vol. 2

La discipline, l'endurance, la patience, le non-égoïsme et le
renoncement requis pour mener une vie complète de pratique
spirituelle, impliquent que nous devons faire certains sacrifices
personnels. Il va nous falloir apprivoiser et juguler la quête
sauvage, désespérée et jamais satisfaite de notre stratégie de
survie, cet aspect de nous qui cherche toujours ailleurs que dans
le présent la réalité de l'existence. Ces sacrifices qui nous seront
demandés vont heurter de plein fouet nos identifications habituelles,
nos obsessions constantes, nos dépendances vis-à-vis des
autres et de nos circonstances, notre attachement à l'illusion
d'être séparés de Dieu, l'habitude que nous avons de nous
cacher derrière une armure censée nous protéger de la réalité.
Lorsque, par la bénédiction du maître, nous nous sentons en
résonance avec lui, notre soif pour la pratique devient une réalité
vivante. Une fois que nous avons goûté cette communion avec le
Divin, nous désirons ardemment nous rappeler toujours cette
vision ou ce goût. C'est ce qui va le plus nous motiver à pratiquer.
Et puis, nous allons souhaiter alors servir le Divin en
vivant avec droiture, simplicité et dans un esprit de service ; car
nous nous apercevons que Le servir revient à servir notre propre
vie. Quand notre corps et notre âme baignent suffisamment
longtemps dans l'influence rayonnante du guru, nous découvrons
que le désir de pratiquer commence à émerger d'une
manière simple et spontanée.
«La pratique est l'expression ultime d'une vie centrée sur
Dieu. Lorsque nous pratiquons correctement, nous vivons en
référence constante au Divin. Lorsque nous laissons tomber
notre perspective égocentrique habituelle, nous arrêtons de voir
tout en fonction de nous. C'est alors Dieu qui se trouve au
centre de notre existence et toutes nos actions quotidiennes
deviennent notre pratique...»