Culture et identité en Europe centrale : canons littéraires et visions de l'histoire

L'avenir de l'Union européenne dépendra de la capacité de ses
peuples à comprendre chacun leur propre identité, mais aussi celles
des autres. En France cela concerne particulièrement les nouveaux
membres d'Europe centrale, fort mal connus.
Revenons sur l'Histoire : trois grands royaumes, celui de Bohême,
celui de Hongrie et celui de Pologne, qui regroupaient de nombreuses
ethnies et confessions, ont disparu sous la poussée des empires. Au
XIX<sup>e</sup> siècle, les mouvements nationaux ont bâti des identités se fondant
sur la culture, créant par là un autre type de lien entre individu et collectivité
nationale différent de celui de l'État-nation à la française. Une
«institution» inédite est alors apparue, celle de «poètes nationaux».
Les noms de Mickiewicz, Chevtchenko, Stúr, Mácha, Petöfi...
ont pris une place centrale comme référence de l'identité. Le sentiment
de revendication d'un canon de la culture est devenu décisif dans la
définition nationale de chacun de ces peuples. Ce canon s'est établi
entre autres par une nouvelle littérature nationale et par la réécriture
de l'Histoire. Sans cesse réinterprétés et débattus, les canons nationaux
se trouvent au coeur de l'évolution des mentalités, même au-delà de la
chute du communisme.
Avant que les transformations postmodernes, liées à la mondialisation,
ne redistribuent le jeu de références, il est urgent de décrypter
les codes et de comprendre le visage de cette «Europe cadette». Ce
volume, fruit de plusieurs années de travail d'une équipe internationale,
constitue une véritable somme sans prétendre à l'exhaustivité.
C'est une base de données pour toutes les études centre-européennes,
et européennes.